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Vers plats ou Ténias chez nos poissons par Bernard

Du groupe des plathelminthes (platodes) et de la classe des cestodes, ces ténias rencontrés le plus souvent chez les poissons sont des vers plats segmentés (anneaux). Ils sont endoparasites (qui vivent à l’intérieur) appelés aussi vers rubanés.

A) - Présentation :
- La tête ou scolex porte des ventouses sur les côtés et des crochets (pour certains) à l’extrémité (le rostre) Certains vers de la famille des Bothriocéphales ont en lieu et place des ventouses et des crochets deux fentes longitudinales appelées bothridies.
- Les segments ou proglottis (anneaux) sont les structures de reproduction, chaque proglottis est interdépendant, (hermaphrodite) possède à la fois les organes reproducteurs mâles et femelles, peut féconder le proglottis suivant par l’intermédiaire de son spermiducte.
Ce sont ces segments qui matures se détachent du ver et sortent avec les matières fécales (ce qui pour nous est la partie visible quand un poisson est infecté) L’évacuation de ces segments ne certifie en aucune manière que le ver soit mort (reconnaissable par des déjections blanches, plates avec des petits anneaux), seule la présence de la tête justifierait la destruction certaine de ce parasite.
Cependant, en fonction de l’endroit ou se trouve accroché le ver sur la muqueuse intestinale du poisson, la tête du ver ou scolex peut, après quelques jours voire une semaine ou plus, être éjectée et se retrouver au fond du bac ou être directement « consommée » par les sucs intestinaux.
- L’ensemble du corps s’appelle le strobile et il ne possède pas de tube digestif,
- La croissance du ver, dont le corps est segmenté, se produit uniquement à l’arrière du scolex par une zone de croissance continue à partir de laquelle se forment les segments ou proglottis qui peuvent produire, selon le ver, jusqu’à 100 000 œufs.
- Ce parasite qui n’a pas de système digestif ou incomplet sans anus ne possède pas de système respiratoire ou circulatoire
Il se nourrit du chyme intestinal, cette bouillie résultante de la digestion dans laquelle il baigne, La nutrition se fait par diffusion à travers la cuticule (transcutanée, à travers la peau ou tégument), les cellules du tube intestinal digèrent cette bouillie (phagocystose) et les déchets de la digestion sont expulsés par la bouche du ver.
De plus, comme la plupart des parasites intestinaux il prélève, entre autres la vitamine B12 qui provoque une anémie chez le poisson
- Il ne résiste pas à la congélation à moins 15°C pendant 10 à 15 jours ou à moins 30°c pendant 4 jours.


B) - Relations hôtes - parasites (poissons - vers) :
- A l’état larvaire (sparganum) le stade est tissulaire
- A l’état adulte le stade est intestinal, le ver est attaché à la muqueuse intestinale par ses ventouses ou crochets.

C) - Traitements :
Le commerce aquariophile est dépourvu de produit permettant de combattre ce type de vers.

Les 2 molécules les plus efficaces contre les ténias sont le Praziquantel et la niclosamide, d’autres produits cités par ailleurs peuvent aussi avoir de bons résultats mais moindre que ceux évoqués. Dans le cas d’utilisation d’un vermifuge mieux vaut utiliser un produit dont la molécule est la plus pure possible, évitons ceux donc les excipients ont une part prépondérante de la formule.

Le Praziquantel est commercialisé, parfois sur commande, sous les noms :
- DRONCIT, (pharmacies et vétérinaires) boîte de 2 comprimés de 50mg (coût environ 8,5 € pour la boîte de 2) pour chiens et chats,
- PLATIVERS de Biocanina, (pharmacies, sur commande) 4 comprimés de 50mg (coût environ 12 €) pour chiens et chats,
- CESTOCUR 2,5%, solution liquide (pharmacies et vétérinaires) flacon de 100ml (coût environ 22 €) existe aussi en 500ml (coût environ 38 à 40 €), pour ovins.
Avec certains poissons en provenance d’Asie il n’est pas rare de rencontrer des ténias résistant au Praziquantel, il est possible dans ce cas de traiter avec la molécule Niclosamide.

La Niclosamide est commercialisé, parfois sur commande, sous les noms :
- FELITENIA de Biocanina, (pharmacies) 12 comprimés dosés à 50 mg (12 € environ), pour chats.
- TENIVERM 3 (pharmacies et vétérinaires) en boîte de 50 capsules (poudre) dosées à 240 mg de Niclosamide et de 51.3 mg de Lévamisole,
- TENIVERM 0.5 (pharmacies et vétérinaires) en boîte de 50 capsules (gelée) dosées à 48 mg de Niclosamide et de 12 mg de Lévamisole (8 € environ)

Le dosage pour la Niclosamide est de 50 mg mélangés avec 50 gr d’aliments 2 fois par jour en petites quantités pendant 7 jours et rien d’autre,

L’utilisation de la Niclosamide comme pour les autres produits se fait à la même dose pour un usage préventif ou curatif,
En préventif (1 à 2 fois par an maximum) à faire systématiquement à l’arrivée de nouveaux poissons si ceux-ci n’ont pas été vermifugés avant.
La présence de Lévamisole en association avec la Niclosamide qui est actif contre les vers ronds les nématodes, même si la dose est de 10 fois inférieure à celle lors d’un traitement spécifique contre ces vers ronds est quand même utile contre les larves naissantes (source vétérinaire). A la suite d’analyses des excréments de poissons par un laboratoire (LDA) il avait été mis en évidence la présence de ces deux vers chez un même poisson et à 3 reprises en 10 ans.

Renseignements complémentaires :
L’utilisation du Téniverm au quotidien par les vétérinaires (pas tous) dans la cadre des soins pour les chiens et chats permet d’obtenir ce produit à l’unité pour un coût de 0.15 € l’unité environ ou 1.5 € les 10 environ. Ce qui rend un traitement avec cette molécule le moins onéreux du marché.
De plus, la Niclosamide présente deux avantages d’une part, elle ne nécessite pas de modification des paramètres du milieu et d’autre part elle est acceptée de suite dans l’alimentation contrairement au Praziquantel ou le refus des poissons durant les premiers jours (1 ou 2) est réel en raison de la présence d’amertume (goût amère), faire gêner le poisson tant qu’il n’absorbera pas ce mélange si vous optez ce produit.
Le seul inconvénient que l’on pourrait attribuer à ce produit est le fait que la proportion de 50 mg de Niclosamide est tellement faible (en volume) pour 50 gr d’aliment (environ 12 parts de discus food) qu’il est indispensable de veiller à bien mélanger le tout pour obtenir un mélange homogène.

Les méthodes d’administration seront différentes suivant 2 situations : 1) - le poisson s’alimente, 2) - le poisson ne s’alimente pas.

1) - Le poisson s’alimente :
- Avec la molécule PRAZIQUANTEL, 50mg ou 1 comprimé, réduire en poudre, dans 25gr de nourriture 2 fois par jour en petites quantités pendant 5 à 7 jours, ne rien donner d’autre.
- Avec la molécule NICLOSAMIDE, 50mg pour 50gr de nourriture, 2 fois par jour en petites quantités pendant 5 à 7 jours,

Pour ces deux préparations renouveler le traitement après 14 et 21 jours par précaution. (25 gr soit l’équivalent de 6 parts de discus food, faire décongeler, retirer l’excès d’eau avec du papier « sopalin » et après le mélange effectué remise au congélateur ½ heure pour un léger durcissement).

Les produits et les posologies indiqués, ci-dessus, ne sont mentionnés qu’à titre indicatif du fait que seuls les aquariophiles propriétaires de leurs poissons peuvent apprécier la pertinence du bon soin qu’il convient d’apporter.
Avec tous traitements il convient de bien respecter la posologie, toutes les molécules ou principes actifs ont plus ou moins une certaine toxicité voire un effet tératogène qui pourrait nuire au poisson en cas de dépassement ou de traitements répétitifs sur de courtes périodes.

Il convient de donner ces traitements le matin à la première distribution quand le poisson a bien faim et en fin d’après midi. La pâtée devra être consommée de suite ne distribuer que de petites quantités à la fois en 2 ou 3 fois par jour au lieu d’une équivalence en une seule fois pour éviter que le produit ne se disperse trop vite dans l’eau et perdre ainsi de son efficacité.

2) - Le poisson ne s’alimente pas :
La présence de vers sur la muqueuse intestinale peut provoquer des inflammations voire l’endommager et provoquer d’autres infections secondaires ce qui pourrait engendrer un stress supplémentaire et parfois une inappétence.

Le traitement ne peut se faire qu’en bain dans un bac hôpital.
- Cestocur, 8 ml pour 50l d’eau pendant 4 jours ou plus (en bac hôpital, éviter la présence d’escargots, crevettes etc.)
(Ce qui ne signifie qu’il faille mettre 8ml chaque jour) cependant, comme toutes molécules le Cestocur se dégrade chaque jour, pour permettre l’efficacité du principe actif il est conseillé de faire un changement d’eau de 25% à 50% après 1 ou 2 jours et de compenser par son équivalent en produit.
Ne pas utiliser Cestocur dans la nourriture le poisson ne s’alimentera pas, goût trop amer.
- en bain avec le principe actif Praziquantel (Droncit ou Plativers) 10mg pour 1 litre d’eau pendant 3 à 4 heures ou 2 mg pour 1 litre d’eau pendant 1 à 2 jours selon Gérald Bassleer « le nouveau guide des maladies des poissons »
- en bain avec le principe actif la Niclosamide (Féliténia ou Téniverm) 2mg pour1 litre d’eau pendant 1 à 2 jours, toujours selon Bassleer.

Dès que le poisson s’alimentera renouveler dans la nourriture selon le processus évoqué ci-dessus.
Il est aussi possible de faire absorber les comprimés réduits en poudre par l’intermédiaire des vers de vase selon la méthode préconisée avec le Flubendazole (Flubénol easy) ou le Lévamisole pour vermifuger contre les vers ronds (Capillaria).

Remarques particulières :
Le Praziquantel et la Niclosamide sont des vermifuges actifs contre les vers plats des intestins non pas contre les autres vers tels que le Capillaria ver fin et rond ou le Camallanus ver rouge dont une partie sort de l’anus.
Selon le principe de précaution il est souhaitable de vermifuger à titre préventif 1 à 2 fois par an et systématiquement les nouveaux poissons pendant la période de quarantaine en utilisant les mêmes posologies évoquées ci-dessus.

En espérant que ces informations puissent apporter une aide quant à la lutte contre les vers les plus fréquemment rencontrés chez nos poissons que sont ces vers plats.

Ce faisant, nul n’est parfait dans le domaine dont il suppose connaître de ce fait, je vous remercie par avance de me faire observer, dans l’intérêt de tous, si des imperfections subsistent quant à la bonne compréhension ou par une information insuffisante voire incomplète de ce qui précède.

Bernard

Article publié sur DiscusFarm, avec l’aimable autorisation d’Annie et de Bernard.

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La relation entre le PH/KH/CO2 est fonction à la température de l’eau.

 


 

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